MICHEL AGLIETTA
Economiste
3 décembre 2020
Présentation : Antoine Habert, Tom Ducourant
Interview : Marguerite Archambault, Maxime Liévois
Le capitalisme n’a cure de ses blasphémateurs. Las d’entendre l’inévitable antienne « catalyseur d’inégalités » proférée par ses détracteurs, il décide de changer de forme. Quitte à brouiller les pistes, feignons un assagissement.
Alors le capitalisme vire au social et au vert. En avant toute, les grandes firmes annoncent des investissements plus justes. En grande pompe, elles annoncent des plans pour lutter contre les inégalités. Ces firmes montrent innocemment l’utilisation finale vertueuse de leur argent, lorsque ce sont leurs méthodes pour l’acquérir qui dérangent. Précarité des salariés, optimisation fiscale, le capitalisme peut bien se targuer de porter son plus bel habit humaniste sous les projecteurs, lorsqu’il range discrètement ses oripeaux de l’autre main.
Le manque de régulation est criant. Mais qui pour s’y opposer, lorsque le PIB de l’Etat GAFA dépasse celui de la France ou du Royaume-Uni ? Ceux qui profitent du système ont tout intérêt à faire belle allure pour servir les intérêts des opprimés le jour et poursuivre la course au moins-disant la nuit, stratégique jeu d’équilibriste que l’on vend comme mutation du capitalisme.
Pour en parler, nous recevons Michel Aglietta.