BERNARD CAZENEUVE
ANCIEN PREMIER MINISTRE
13 AVRIL 2021
Présentation : Victor Lebrun et Chloé Rouxel
Interview : Axel Lagrasse et Killian Waeckel
Les jeunes peuvent devenir la plaque tournante des futures élections présidentielles de 2022. Voilà le constat, certes connu, mais réaffirmé par un sondage sur les 18-34 ans. En attendant, leurs intentions de votes se détournent foncièrement des partis de gauche. Un dernier sondage Ipsos de début avril révélait d’abord que le premier parti des jeunes était l’abstention : un peu plus d’un jeune sur deux compte voter, contre 80% sur l’ensemble de la population. Les politiques dirigent leurs actions et leurs discours vers les jeunes, mais ils ne semblent pas très réceptifs. Même si cette tendance à l’abstention chez les jeunes n’est pas récente, un tournant s’est produit lors de l’élection présidentielle de 2007, où ils étaient encore plus de 80% à voter.
Mais alors pour qui votent-ils ? On s’attendrait à ce que leur bulletin se porte pour des candidats progressistes, plutôt portés à gauche, au vu de la mobilisation forte des jeunes générations pour des causes que défendent les cadres du PS, de LFI ou d’EELV (on repense à cette jeune génération de mai 68 qui a fait élire Mitterrand). Mais non, le premier parti des jeunes qui votent est le RN, alors que LFI connait une forte chute parmi leurs jeunes soutiens. Le parti de Marine Le Pen semble être le plus stable pour eux et il répondrait à leurs inquiétudes. Toutefois, la tendance est inverse chez les primo-votants qui se tournent vers le chef de l’Etat qui remporterait le plus de suffrages. Ces deux tendances reflètent l’éclatement de la logique de parti : ce bloc contre bloc, les jeunes l’ont bien perçu. Malgré les tentatives répétées des partis de gauche pour sensibiliser les jeunes à leurs côtés, le résultat ne serait cependant pas encore là.