Jean-Luc MELENCHON
Député La France Insoumise
Candidat à l’élection présidentielle 2022
16 NOVEMBRE 2021
Présentation : Martin LAURENSON et Aris TALEB
Interview : Victoire LISION et Jean-Baptiste PETIT
Pourquoi l’union de la gauche est-elle dorénavant un vœu pieux ?
Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Fabien Roussel, Arnaud Montebourg, Philippe Poutou et Nathalie Artaud, sept candidats pour un espace politique représentant 25% des votes à la présidentielle (Institut Jean-Jaurès). Là réside tout l’enjeu de l’union de la gauche.
L’idée avait germé au printemps des régionales mais semble déjà largement fanée à l’automne tant les dissensions sont nombreuses. Naturellement, chacun est pour une union de la gauche… à condition qu’on se range derrière son nom. Ainsi Julien Bayou exhortait-il les partis de gauche à se ranger derrière Yannick Jadot en affirmant : « Puisque tous les autres partis se repeignent en vert, je les invite à prolonger le raisonnement, aller au bout de la logique : pour faire de l’écologie, soutenez les écologistes » (Conseil fédéral d’EELV – 2 et 3 octobre 2021).
En effet, les candidats avides de pouvoir ont bien retenu la leçon du programme commun au PCF et au PS de 1974 qui a débouché sur l’Union de la gauche menée par François Mitterrand en 1981 : toute alliance est le terreau de luttes de pouvoir intestines entre différents leaders cherchant à conquérir l’électorat de leurs alliés de circonstances. Un questionnement a alors germé en chacun des candidats de gauche à la présidentielle de 2022 : mieux vaut-il renoncer à mes ambitions personnelles pour former une union de taille critique aux élections ou s’enfermer dans une position pleine d’égo(ïsme) ?
Alors que les places du second tour des présidentielles sont des plus disputées, les sept candidats d’une gauche qui doit impérativement marquer les esprits pour continuer d’exister demeurent inflexibles dans leurs idées propres et refusent le pragmatisme d’une alliance.