Laurent Berger
Secrétaire général de la CFDT
12 mai 2020
Interview : Louis Grosset
texte introductif :
Au sein de l’entreprise, les syndicats ont toujours la cote. Les travailleurs n’hésitent pas à s’engager et à participer aux élections. Mais dans la contestation sociale nationale, on assiste à une rupture. La crise des Gilets Jaunes a marqué l’impossibilité des syndicats à se saisir de ce mouvement populaire inédit. Les manifestants Gilets Jaunes ont un profil hétéroclite : ils sont les laissés-pour-compte de la mondialisation, qu’ils soient petits patrons, classes moyennes, agriculteurs ou ouvriers… ce qui conduit à l’impossibilité de dégager la figure du Gilet Jaune. Ils sont donc in-représentables.
La tribune de Jérôme Fourquet de décembre dans le Figaro traduit lucidement cette position en cela qu’à l’inverse, les syndicats étaient fortement présents dans les négociations contre la réforme des retraites justement car il s’agissait là, de manifestants dont les profils émanaient de la gauche historique et donc sensibles à la ligne syndicale.
N’arrivant plus à saisir l’essence d’une contestation trop globale, la capacité des syndicats de rassembler s’amincit, tant le syndicalisme est partie prenante du système, son corollaire. De fait, il est voué à laisser filer des contestations substantiellement anti systèmes
Pour en parler, nous recevons Laurent Berger.
Bibliographie :
Laurent Berger, Claude Sérillon, 2019, Syndiquez-vous
Laurent Berger, 2018, Au boulot ! Manifeste pour le travail
Alain Touraine, 1982, Mouvements sociaux d’aujourd’hui : acteurs et analystes
Benjamin Labonnélie, 2020, Le retour des corps intermédiaires
Roger Lenglet, Jean-Luc Touly, Christophe Mongermont, 2008, L’argent noir des syndicats
Eric Fottorino, le Un, 2019, Les Gilets jaunes, et après ?
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