JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères
16 juin 2020
Interview : Mathilde Bernard
A moins que la peur du virus ne suspende un temps les appétences de « l’Homo Festivus » décrit par Philippe Muray, la réouverture des frontières pourrait rapidement mettre fin aux émerveillements momentanés des français pour leurs paysages nationaux. Le monde d’après sera peut-être finalement le même que celui d’avant.
« L’ailleurs le démange, le lendemain l’aspire » nous dit Régis Debray. Voir pour voir, et repartir aussitôt. Voir pour montrer et s’envoler toujours plus tôt. Le touriste moderne est ce voyageur qui veut se voir voyager. Il ne jure que par l’exotisme, souhaite aller toujours plus loin. Le touriste perd son aidos, sa révérence, sa petitesse face à la culture qui l’accueille. Il l’envahit et la façonne à son image. La simplicité du paysage et de son environnement laissent place à l’américanisation des endroits touristiques. Guy Debord décrivait le tourisme comme le loisir d’aller voir ce qui est devenu banal. Le bon Ronald McDonald se gargarise alors bien de son emprise sur le monde. Jankélévitch avait raison, l’éternel retour du même l’emporte sur l’ailleurs.
Pour en parler, nous recevons Jean-Baptiste Lemoyne.
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BIBLIOGRAPHIE
- Philippe Muray, 2000, Après l’histoire
- Guy Debord, 1967, La société de spectacle
- Michel Onfray, 2020, revue Front Populaire