PHILIPPE CROIZON
ATHLETE
4 MAI 2021
Présentation : Kévin COUTURIER
Interview : Alice CAFFIN et Félix DUMAS
Un jour où tout s’écroule, une antenne qui emporte une vie. Ce n’est pas le ciel qui est tombé mais une ligne, alors c’était comme si. La vie a demandé des comptes au mauvais débiteur. Un bilan qui se dresse de force à la moitié du chemin. Chaque trajet a son terminus mais chaque plongée a sa remontée qu’il faut avoir le courage d’affronter. Vivre et vivre encore, peut-être un appel de cette vie à poursuivre, quand une secousse électrique a tué mais s’est ensuivie d’une seconde qui a réveillé. Un réveil brusque des semaines plus tard, on change quelques rouages et on recommence, mais les phares ont mis du temps à éclairer le tunnel sombre. « On ne sait jamais le tout de rien » écrit Henry James, on ne saura jamais pourquoi et pourquoi pas. La mort pose trop de questions quand la vie d’un vivant nous offre déjà mille réponses. Philippe Croizon répondait alors qu’on lui demandait de questionner. Le crépuscule s’est frayé un chemin : n’oublions jamais qu’il suit le coucher mais qu’il précède toujours le lever. Azraël l’ange de la mort a été semé, il nous rattrapera tous bien assez tôt. La vie n’est jamais au singulier, elle vient au pluriel : bien accompagnée ou s’accompagnant plusieurs fois. Les montres ont stoppé leurs aiguilles, mais celles d’un homme ont continué de tourner. Il n’avait pas fini de vivre, la flamme n’était pas consumée. Brillait en lui une lumière dont la lueur ne voulait pas s’éteindre et dès lors, rappelant que « ni le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement », voilà sa seconde naissance. Ne disons pas une chance, mais la juste poursuite d’un point d’étape brièvement traversé.

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