ETIENNE KLEIN

Philosophe des sciences

19 mai 2020

Interview : Baptiste Maura

Le confinement a marqué une période d’arrêt. Le coureur s’est arrêté. Le pressé n’a eu d’autre choix que de se retenir. De force ou de gré, le monde a cessé son sprint. Mais pour quoi faire ?

Pascal dans ses Pensées, explique que « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir demeurer en repos dans une chambre ». Alors d’un coup, d’un seul, tous se sont saisis de cette phrase pour entamer leur « période réflexive ». A coup de selfies et story jardinage, soirées films, et instants cuisine, on a pu voir ce que signifiait l’arrêt dans la tête de tous. Le constat est simple : nous avons assisté à la disparition de la vision pascalienne du retour sur soi, bien loin de refuser le divertissement de chaque instant car l’esprit de chacun est toujours perdu dans le faire, puisqu’il est entendu que l’ennui est à proscrire.

Comme le remarque à juste titre Gilles Lipovetsky, l’ère postmoderne se caractérise par l’incapacité de l’individu à se détacher de sa vitesse « 24 000 watts » à laquelle il se soumet. Toujours faire. « Tout ce qui ressemble à l’immobilité et à la stabilité doit disparaître au profit de l’expérience et de l’initiative » dit-il. Qu’elles furent nombreuses les expériences-confinement d’un instant, les lubies soudaines, abandonnées aussitôt. Seulement pour se laisser submerger à nouveau par une énième passion, dont on ne tarde pas à jouir, à la manière d’un Calliclès impuissant.

Pour en parler, nous recevons Etienne Klein.

REVOIR

BIBLIOGRAPHIE

  • Etienne Klein, 2020, Je ne suis pas médecin, mais
  • Etienne Klein, 2020, Le goût du vrai
  • Pascal, 1670, Pensées