ERIC RUF
Administrateur général de la Comédie Française
11 février 2020
Présentation : Thaïssia Colosimo
Interview : Valentine Jacob-Xaé, Marion Duranthon
On l’apprend chaque année aux écoliers, le théâtre c’est la force de la critique. C’est la force d’une contestation, au travers de mots bien placés et d’une mise en scène minutieuse, qui assurent au spectateur une teneur à faire trembler un pouvoir. Ce théâtre pointait dans son temps les faiblesses aux hommes. L’art au secours des opprimés, choquant le monde pour mettre en évidence des combats nécessaires. Aujourd’hui, loin du besoin de lutter contre une société pesante par ses valeurs, le théâtre amuse, le théâtre raconte, mais rarement s’insurge.
Pourtant, comme le disait Victor Haïm, « Le théâtre est fait pour diviser, voire déranger ». C’est là qu’un retournement s’opère : la norme est maintenant à l’insurrection du spectateur. Le théâtre n’attaque plus, on attaque le théâtre. Carmen ne mourra pas. Les Suppliantes ne seront plus noires. Peur de heurter. L’impertinence désormais, c’est d’oser conserver quand tout impose de changer. Revenons aux sources de cet art si noble, laissons libre champ au théâtre.
Pour en parler, nous recevons Éric Ruf.