ANTOINE LE CONTE et LOIC SOUBEYRAND
CEO DE STARTUP
9 FEVRIER 2021
Présentation : Solène Callens et Elsabé Pisano
Interview : Jean-Baptiste Varnat
Lors de l’édition 2017 de VivaTech à Paris, Emmanuel Macron, CEO de France affirmait avec conviction « I want France to be a Start-up Nation. (…) A nation that thinks and moves like a start-up ». Son élection a été le signe de l’entrée de la France dans une nouvelle ère. Une ère « disruptive », modelée par l’utilisation de quelques mots anglais bien placés : le modèle est américain. La start-up nation casse les codes, sort des sentiers battus : priorité à l’innovation. Tout pour toucher du doigt ce nouveau paradigme, ce fin mélange entre le numérique et l’écologie dans une économie en pleine transition.
Incarner cette innovation, c’est s’assurer sa pérennité dans un monde de jeunes, où le vieux n’a plus sa place. Archaïque, passéiste, le démodé ne doit plus être. Il faut avancer toujours plus vite, non plus rattraper un retard, mais prendre de l’avance. La vitesse et le mouvement vers l’avant sont les principales caractéristiques d’une époque qui ne regarde plus dans le rétroviseur. Il faut se séparer de ce qui fait ralentir : la start-up est cette forme d’entreprise facilement malléable, qui n’hésite pas à tout changer au moindre rouage en panne. Quitte à changer de navire. Quitte à abandonner le navire. Créer et créer, ne plus se reposer.
Le moindre temps de pause n’est plus permis, la start-up doit continuer de fonctionner à tout prix. Sinon le retard, sinon la perte. Calquer ce modèle à celui d’une nation, c’est se tourner vers une vision mécanique d’un pays, laissant de côté ce qui fait son essence. Ici, l’essence d’un pays n’est plus que son carburant fossile, qui s’épuise et qui est vite remplacé. Substituabilité, tant que la nation reste compétitive. Tant qu’elle ne « prend pas de retard ».